Et la maisonnée alors? Comment ils ont réagi ?

Depuis que je sais qu’y a un truc qui cloche, je parle de moi, et encore de moi. Ce qui reste logique, puisque ça m’arrive à moi. Mais je ne suis pas seule à vivre tout ça.

Il y a mon compagnon déjà, qui a, dès mon accouchement (et son congé paternité du coup), abandonné le travail pour m’aider avec Petit Astre et les grands, et ça tombait bien parce que mon état de santé s’est clairement dégradé à partir de ce moment-là. Avant l’accouchement, j’avais la forme, tout allait bien, la veille de mon accouchement, j’allais à l’école d’un bon pas avec ma poussette (avec Arc-en-ciel dedans) et mon gros ventre pour aller chercher les grands. Mais quelques jours après l’accouchement, j’étais clouée au canapé, mon dos ne suivant pas. Et ça s’est aggravé au point de me forcer à marcher pliée en deux. Sans parler de la fièvre, de l’épuisement et tout ce que j’ai déjà détaillé ici.
Bref, mon homme a dû prendre le relais. Il a dû apprendre, en quelques jours à s’occuper des enfants, faire à manger, faire le ménage, endosser la “charge mentale” que je me coltine depuis toujours. Et même s’occuper du tout mini bébé la nuit une fois que l’allaitement a été terminé. Autant dire que je ne fais plus grand chose. Et pourtant, parfois ça reste trop pour moi… Heureusement qu’il est là, franchement ! S’il travaillait, je ne sais pas du tout comment je ferais !

Il y a aussi les enfants. Ils sont pris dans la tourmente sans avoir rien demandé… Et s’adaptent si bien ! Parfois avec un pincement au coeur de ma part d’ailleurs. Le machinal “mamaaaan?!” est devenu “papaaaa?!” par exemple. Et ça ça pique. Ne parlons pas du fait que Petit Astre ait son papa comme figure d’attachement principale non plus…
De ce qui est de la maladie, tous sont au courant. Oui, même Rorore. Parce que c’est important qu’ils sachent. Alors non, ils ne savent pas tout, évidemment. On ne leur a pas dit que je vivrais sûrement moins longtemps que prévu. Par contre, ils savent pourquoi je vais à l’hôpital, ils savent que je ne guérirais pas, et que c’est grave. Ils savent que je me fatigue plus vite, que je peux être mal aussi.

Doudou est devenu encore plus câlin que d’ordinaire. Il vient constamment me serrer dans ses bras, me faire des bisous et me dire je t’aime. C’est celui (évidemment) qui a le mieux compris ce qui se passait et je pense qu’inconsciemment, il en comprend encore plus. Il est aussi devenu plus sensible en général. Il avait déjà peur de la fin du monde etc depuis plusieurs mois, il a désormais également peur de nous perdre. C’est déstabilisant, et je ne sais pas trop comment le rassurer, sans lui mentir en prime. Il a également envie de nous faire plaisir : à l’école, globalement, ça se passe mieux. Chaque jour, il a une note de comportement…. Et il lui est arrivé de tricher pour nous faire plaisir. La maîtresse était vraiment fâchée. Nous avons donc rendez-vous cet après-midi afin de lui expliquer la situation… et qu’elle comprenne pourquoi Aloys a fait ça. Parce que non, nous n’avons pas pensé en début d’année qu’il était important de dire aux maîtresses que j’étais malade alors que peut être que si finalement.

La Bulle est devenue encore plus secrète, si c’est possible. Elle est plus câline également. Pas qu’elle ne l’était pas avant, mais j’avais l’impression qu’elle n’osait pas (Oo). Elle est passée par dessus ça et réclame (enfin!) sa part. Elle me dit toujours, comme depuis des mois (ce qui me fait me demander si elle n’avait pas senti quelque chose, finalement) “tu sais maman, je t’oublierai jamais ! Je t’aime!”. Imagine le choc lorsque j’ai appris que j’étais malade et que je me suis rappelé de cette phrase de ma petite fille de 4 ans….! Elle est aussi encline à exploser en sanglot sans raison apparente, notamment lorsque j’ai été hospitalisée 11 jours lors de ma première cure. Désormais, elle a peur que je reste aussi longtemps quand je pars. Niveau école, elle est toujours la même petite fille appliquée, mais il faudra quand même que nous prévenions sa maîtresse au cas où, bien que son ancienne maîtresse et son ancienne ATSEM soient au courant (on s’entendait très bien, je les ai donc mises au courant, sachant que l’ATSEM savait pour mes ganglions l’an dernier).

Arc-en-ciel, je sais pas trop si son comportement actuel est lié à la maladie. Parce qu’elle a eu une petite soeur… et 2 ans aussi. Elle est collante et veut des câlins touuuut le temps (et pas n’importe lesquels : “dans les bras!”), elle veut faire le potit bébé (boire son bibi d’eau dans nos bras), elle crie NOOOOOOON, elle exige, elle n’est jamais d’accord…. Mais distribue de l’amour à tout le monde. Des bisous, des câlins, en veux-tu en voilà…. Et des baffes pour sa grande soeur aussi. Je ne sais pas pourquoi, mais martyriser Ambre est son grand dada. Elle a du mal à me voir partir, je pense à cause de ma longue hospitalisation, elle est passionnée par les pansements (étrangement), mais au niveau de la maladie, c’est tout. Le reste, je pense vraiment que c’est parce qu’elle a le cul entre deux chaises : mi bébé mi petite fille, et grande soeur de surcroît !

Petit Astre, elle, n’a connu que la maladie, les absences de maman, et le relais de papa. Alors ma foi, ça va. Elle est parfaite. Elle dort bien, a pris le bibi comme si c’était naturel, s’adapte lorsque je ne suis pas là… Bref, le bébé dont tout le monde rêve. C’est un bébé sourire, un bébé magique quoi ! Elle aussi je lui ai expliqué, notamment parce qu’il fallait la sevrer. Et elle a été sevrée d’un coup, sans que ça soit progressif…. Et elle n’a rien dit. Quand je dis qu’elle est magique !

Bref, chacun prend ses marques, chacun s’acclimate peu à peu. Pour nous, parents, c’est pas toujours facile, surtout avec un bébé de pas encore 4 mois. Mais on fait au mieux. On prend notre mal en patience, on sait que ça passera. Et on sait que de jour en jour, on s’organise de mieux en mieux. Aussi difficile que ça puisse être avec mon corps qui suit pas et celui de mon homme qui fatigue de tout faire. Alors oui, je faisais quasi tout ce qu’il fait. Quasi parce que je n’ai jamais connu ce que c’était d’avoir 4 enfants! Mais surtout, pour moi, tout est arrivé progressivement. Lui, il faisait quasi rien et d’un coup, hop, 4 enfants, le ménage, la charge mentale…. et surtout, me voir malade, lui qui me pensait indestructible! On tâtonne, on accepte l’aide qu’on nous propose, que ça soit les proches (ma mère vient tous les mercredis par exemple) ou les institutions (on a une aide ménagère et on aura surement quelqu’un pour nous aider avec les enfants). Notre routine commence à être en place, il va bientôt être temps de prendre du temps, juste à deux, pour se retrouver !

Bonne journée, je t’embrasse !

2 thoughts on “Et la maisonnée alors? Comment ils ont réagi ?”

  1. Ton histoire me touche tellement, pour des raisons personnelles que je garde secrètes . Ton courage aussi force mon admiration, même si je sais que quand on n'a pas le choix, il faut bien avancer.Tu es une belle personne, jolie, intelligente, et chaque jour, je t'envoie de douces pensées ����

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